mercredi 21 mai 2008

Lettre d'une prof en colère

Je suis un professeur d'histoire-géographie de 30 ans, enseignant dans un lycée d'Indre-et-Loire, non syndiqué et qui a fait grève pour la première fois de sa carrière cette année. Nous ne travaillons - comme vous le savez si bien maintenant chers lecteurs - « que » 18 heures par semaine devant les élèves, et ce, depuis 1950. Or ce temps fut conçu en prévoyant qu'un enseignant travaille 1,5 heure chez lui pour une heure devant les élèves afin de préparer ses cours, évaluer les élèves et actualiser ses connaissances dans sa discipline.
Cela fait 18 fois 2,5 soit 45 heures hebdomadaires. Je suppose, qu'intérieurement, vous vous dites:
« vous avez les vacances pour compenser ».
Ces chères vacances qui font de nous des privilégiés ! Certes, il est vrai que nous avons 10 jours en février, 10 jours en avril, 10 jours à Noël, 5 jours aux vacances de la Toussaint (en réalité 8 jours mais nous travaillons 3 jours de plus en juillet pour compenser), cela fait 35 jours de congés payés. Aujourd'hui avec les 4 semaines de congés payés et les RTT, beaucoup de salariés ont autant de congés si ce n'est plus ! Or, nous, enseignants, pendant ces 35 jours de congés payés, souvent, nous corrigeons nos copies ou préparons nos cours. Vous répondrez: « oui mais vous avez 2 mois en été ».
Ces fameux deux mois d'été, il faut le savoir, ne nous sont pas payés : notre grille de salaire fut fixée en 1850 au même niveau que les autres cadres de la fonction publique recrutés avec un concours au niveau BAC+3, mais à cette grille, il nous a été retiré 2 mois de salaire, puis le résultat fut divisé par 12 (afin de recevoir un salaire chaque mois).
Pensiez-vous vraiment que l'on nous payait à rien faire durant deux mois ?
Non ! En résumé nous travaillons 45 heures par semaine, payés environ 1660 euros par mois, avec 35 jours de congés payés. Les événements de ces derniers jours, voire de ces derniers mois m'ulcèrent. Certains politiques détournent le débat sur le service minimum à l'école, pour s'attirer la sympathie des parents d'élèves qui, eux, travaillent toute la journée.
Pensez-vous vraiment, chers lecteurs, que le service minimum soit au centre de nos revendications ? Bien sûr que non ! Le seul aléa, c'est que nos «vraies » revendications sont tues, étouffées avant qu'elles ne vous parviennent. D'où cette lettre, qui, je l'espère, arrivera jusqu'à tous les parents d'élèves.

52 heures par semaine et classes de 40 élèves
Premièrement, notre principale revendication c'est la lutte contre la suppression des postes, certes, la « quantité ne fait pas la qualité », mais dans mon établissement, nous avons perdu 2 postes de professeur d'histoire-géographie en 2 ans, alors que la perte d'effectifs ne s'élève qu'à 40 élèves. Pourquoi ces suppressions de postes générales à tous les
disciplines et à tous les établissements ? Il s'agit de répartir les heures entre les professeurs restants afin qu'ils fassent 21 heures ou 22 heures de présence devant les élèves, soit plus de 52 heures de travail hebdomadaire !
Qui pourrait tolérer cela ?
Une autre solution serait d'augmenter les effectifs de chaque classe, les classes à 40 élèves deviendront monnaie courante. J'ai donc une proposition à faire à tous les enseignants qui liront ce courrier. Etant donné que nous ne sommes pas rémunérés pour les mois de juillet et août, ne faisons rien, pas de préparation de cours ni de renouvellement de nos connaissances durant l'été. Ensuite, pendant nos « petites vacances » qui sont nos congés payés communs à tous les salariés, reposons-nous: pas de copies ni de cours à préparer. Et surtout, à partir du mois de septembre, travaillons réellement 35 heures par semaines.
Personnellement, je suis prête à fournir au ministre de l'éducation mon emploi du temps semaine par semaine indiquant mes 35 heures de travail réalisées, préparation des cours et corrections de copies inclus. Mais je tiens à vous prévenir que si les enseignants travaillaient réellement « que » 35 heures par semaine, les cours ne seraient pas toujours prêts à temps, les copies seraient rendues très longtemps après les devoirs (un paquet de lycée c'est 4 heures de correction, actuellement je corrige 20 h toutes les 2 à 3 semaines), les brevets blancs et bacs blancs seraient moins nombreux, etc.

Vers le système anglo-saxon
Vous allez répondre que l'on contribuera dès lors à détériorer notre système éducatif déjà si mal en point ! Notre système n'est pas si mal en point que l'on veut vous faire croire. Les professeurs de vos enfants sont parmi les mieux formés du monde, les concours du CAPES et de l'agrégation sont parmi les plus difficiles à réussir. Mais le ministre de l'éducation veut remplacer ces professeurs compétents qu'il faut rémunérer à leur juste valeur (minimum BAC + 3) par des intérimaires, des vacataires sans diplômes et moins bien payés. Il veut copier le système anglo-saxon, où un professeur enseigne plusieurs disciplines avec pour seules compétences son niveau BAC !

Après tout, à quoi cela sert-il qu'un prof de langue étudie 3 à 4 ans à l'université une langue étrangère, se rende dans ce pays pour se familiariser avec le mode de vie et dispense ensuite son savoir aux élèves alors qu'en Angleterre avoir appris l'espagnol au lycée suffit à avoir les compétences pour l'enseigner. On vous parle sans cesse « d'échec scolaire »,
mais ce « pseudo échec scolaire » n'est pas le fait des enseignants, au contraire ces derniers limitent « la casse ». Je m'explique: le gouvernement souhaite absolument que 80% d'une classe d'âge obtiennent le BAC. Tans pis si un élève de 3ème rêve d'être plombier. Les recommandations données et « imposées » aux professeurs principaux de 3ème sont claires, il faut faire passer en 2nde générale et technologique. Les places en BEP ou CAP sont d'ailleurs peu nombreuses et seuls les meilleurs élèves sont acceptés. Les autres vont en 2nde, quitte à échouer après. Les enseignants rencontrent les parents, expliquent les différentes voies empruntables par les élèves qui ne souhaitent pas aller au lycée, mais le discours est tellement bien formaté et martelé que chacun imagine la voie professionnelle comme un échec.
D'autre part, les établissements ont des « quotas » de redoublants à ne pas dépasser. Tans pis si un élève aurait pu consolider des acquis fragiles en redoublant (car redoubler c'est une 2nde chance, ce n'est pas une sanction).

« Nous passons pour des bouffons »
A cela s'ajoute le manque de sanction. Combien de parents n'ont-ils pas entendu leurs enfants raconter qu'ils n'ont pas pu avancer dans tel ou tel cours car certains élèves faisaient « le bordel » ? Or, un enseignant peut difficilement exclure un élève de cours sous peine d'être déconsidéré par sa hiérarchie, des exercices supplémentaires peuvent être donnés mais s'ils ne sont pas réalisés, que faire ? Coller ? Oui, c'est une solution mais dans de nombreux établissements il n'y a pas assez de personnels ou d'heures rémunérées pour surveiller les colles du mercredi.
Exclure ? Pourquoi pas ? Mais les chefs d'établissements y sont souvent réfractaires car l'exclusion définitive les met en situation d'échec vis-à-vis du rectorat. Nous faisons grève pour nous faire entendre mais nous apparaissons comme des « bouffons » dont on se joue. Nous ne bloquons aucune production, nous ne prenons pas de voyageurs en otage, nous ne bloquons pas les routes et, de ce fait, le gouvernement a raison de rigoler et d'attendre que l'on ait fini nos « petites manifs ». Maintenant il y a toujours la solution de « bloquer » la production, notre production étant pour nous l'éducation et le savoir. Rien n'est plus facile que de faire grève durant les épreuves du BAC et brevet, ou pire encore, travailler 35 heures par semaine, car à partir de ce moment il n'est pas dit que vos enfants aient acquis toutes les compétences nécessaires à la réussite de leurs examens, étant donner que pour faire que 35 h nous devront donner des QCM à la place des compositions, que nous ne pourrons plus préparer d'examens blancs, car trop longs à corriger. Si tel était le cas nous serions très loin d'atteindre 80 % de réussite au BAC ! Peut être que le gouvernement attend de constater qu'avec ses réformes imposées et contre-productives, la cuvée 2009 du BAC ne représentera que 50 % des candidats.
Chers lecteurs, j'espère que ce courrier vous permettra de vous forger votre propre opinion, tout en vous détachant du bourrage de crâne gouvernemental et médiatique qui ne tend qu'à masquer la réalité des problèmes et revendications. Rien ne vous empêche d'aller interroger directement les professeurs de vos enfants, ils sauront vous renseigner sur la réalité du système éducatif français. Je terminerai en précisant que jamais en classe nous ne critiquons tel ou tel corps de métier, alors je ne comprends pas pourquoi certains élèves arrivent en classe avec un discours méprisant envers les enseignants, discours véhiculé par les parents alors que ces derniers ne savent rien de la réalité de nos conditions de travail.

Elisabeth, Tours

mardi 20 mai 2008

Problème de remplacement des accents avec sed lancé en cron

Voila un problème qui m'a donné du fil à retordre... Autant que ça serve.
Pour détecter les titres des chansons des albums copiés sur zicmama et corriger les tag mp3, il fallait pouvoir travailler sans accents.
Une solution rapide consiste à utiliser sed pour remplacer tout ça:

sed 'y/äàáâçéèêëîíïôöùüÂÀÇÉÈÊËÎÏÔÖÙÜ/aaaaceeeeiiioouuAACEEEEIIOOUU/'


Super! Mais ça ne marche pas dès qu'on veut l'exécuter par un cron ;(
La solution, scinder tout cela en:

sed -e 's/ä/a/g' -e 's/à/a/g' -e 's/á/a/g' -e 's/â/a/g' \
-e 's/ç/c/g' \
-e 's/é/e/g' -e 's/è/e/g' -e 's/ê/e/g' -e 's/ë/e/g' \
-e 's/î/i/g' -e 's/í/i/g' -e 's/ï/i/g' \
-e 's/ô/o/g' -e 's/ö/o/g' -e 's/ù/u/g' -e 's/ü/u/g' \
-e 's/Â/A/g' -e 's/À/A/g' -e 's/Ç/C/g' \
-e 's/É/E/g' -e 's/È/E/g' -e 's/Ê/E/g' -e 's/Ë/E/g'\
-e 's/Î/I/g' -e 's/Ï/I/g' -e 's/Ô/O/g' -e 's/Ö/O/g' -e 's/Ù/U/g' -e 's/Ü/U/g'


Maintenant ça marche ;)

lundi 19 mai 2008

Ftp Drive

Accéder à son espace ftp depuis un disque windows



FTP Drive - program, that allow working with FTP for those programs, that don't know what is FTP.

Emulates logical drive, where selected FTP servers are mounted as folders

Usefull fot example for viewing films, listening files directly from FTP server without pre-downloading whole file.

This is achieved by emulation of virtual drive, on which FTP servers are placed on the Native NT API level.

Both unsecured and secured by SSL/TLS FTP connections supported

FTP drive completely implements read operations for FTP files

FTP drive partially implements write operations for FTP files (see 'How to use')

FtpDrive can intercept opening ftp:// links from other applications -
simple press Ctrl key while opening ftp:// path and it will be opened
on FtpDrive

FTPDrive can work under Windows 2000/XP/2003/Vista

FTP Drive is compatible with many applications, except those, that uses own drivers to access files

FtpDrive can cache directories structure and read files data.
Directories structure stored in memory, cached files resides in
%TEMP%\FtpDrive.tmp\ directory. You can change caching settings (see
following section)


Download

mardi 6 mai 2008

Webfolder pour firefox

In the past, users of Firefox who needed to access WebDAV servers only had
one choice:
Julian Reschke's OpenWebFolder extension which hooks into Microsoft's
WebDAV component and thus only works on Windows.

Now there is a second choice:
Under my guidance, a team of three undergraduate students (Ayse Sabuncu,
Benjamin Schuster, and Ryan McLelland) from the Department of Computer
Science at the Johns Hopkins University has developed a new,
cross-platform WebDAV extension called WebFolder.
The extension, developed for their Senior Design Project course
(http://www.cs.jhu.edu/~phf/2007/fall/cs392/), implements the full class 2
WebDAV protocol (including locking) in JavaScript and runs on any platform
supported by recent versions of Firefox.
The extension is available at http://webfolder.mozdev.org/

Pas encore trouvé la doc... Si quelqu'un trouve?

jeudi 24 avril 2008

Extrait Numerama

Bien au delà du cas spécifique de MP3Tunes, c'est toute la question de la copie privée dans l'environnement numérique qui est posée. Pour avoir accès de n'importe où à sa propre musique, faut-il obligatoirement réaliser soi-même les copies pour les déposer ensuite sur des serveurs de stockage ? Ou est-il totalement naïf et stupide de penser qu'il est plus pertinent et économique de profiter des nouvelles technologies pour qu'un même morceau ne soit pas reproduit des milliers de fois sur les espaces de chacun, mais qu'une seule et même copie de qualité optimum soit mise à disposition de tous ceux qui peuvent légalement y prétendre ?
http://www.numerama.com/magazine/9407-MP3Tunes-demande-l-aide-des-internautes-pour-battre-EMI.html


Zicmama effectue des recherches sur les Peta Size Storage System, autrement dit les systèmes de stockage de grande échelle et l'élimination de la redondance.

Stop à la peur!

Un site sympa est sorti: deezer!
Tu peux y écouter de la musique et en uploader sur un compte illimité.
Le tout est payé par la pub, et comme on a pu le constater la Sacem est d'accord pour le deal.

Quelques critiques quand même:
- La publicité est-elle un bon indicateur de popularité artistique?
- Uploader sa musique? On voit qu'ils ont pas l'ADSL des campagnes!
- Bienveillance bien candide de la Sacem. Malgré le nouveau "cryptage" mis en place sur deezer, il a été rapidement contourné par Dysnomia.

Maintenant, même si deezer est sympa, le son reste en 96bk/s pas de quoi fouetter un chat ni écouter sur sa chaine. Moi je préfère Zicmama ;)

N'oublions jamais cette citation en titre de dysnomia:

" On ne peut pas davantage créer des fichiers
numériques non copiables que de l'eau non humide. "

- Bruce Schneier


A bon entendeur...

Extrait d'un chat avec Catherine Kerr-Vignale membre du directoire de la Sacem (12 oct 2007)

leto_2 : Quelle est la position de la Sacem sur la légalité de faire une copie à usage privé de la musique diffusée par Deezer ?

Catherine Kerr-Vignale : Le contrat passé entre Deezer et la Sacem permet à l'internaute d'écouter en illimité des oeuvres musicales. Si l'on peut enregistrer Deezer, comme on le fait déjà de la radio, cela sera fait sur des supports vierges sur lesquels la rémunération pour copie privée sera perçue pour le compte, non seulement des auteurs, mais des producteurs et des artistes interprètes, comme cela est fixé par l'ensemble des décisions adoptées dans le cadre de la commission d'Albis.


Patricia : Combien rapporte un site web comme Deezer à la Sacem ? Pensez-vous que les 8% qu'ils reversent à la Sacem tous les mois suffiront à rémunérer l'ensemble des auteurs-compositeurs qu'ils diffusent gratuitement ?

Catherine Kerr-Vignale : Au moins, les auteurs recevront une rémunération, ce qui n'est pas le cas pour le "peer to peer".


martingale : Votre réponse à la question de leto_2 laisse à penser que les actes de reproduction effectués à partir d'un flux sont donc bien couverts par l'exception de l'article L. 122-5 2° CPI (copie privée). Il n'existe donc pas de préjudice injustifié au sens du test en trois étapes si une rémunération est perçue pour la copie privée ?

leto_2: Pour faire suite à votre réponse à ma question et pour être sûr de l'avoir bien comprise, cela signifie donc que faire une copie privée d'un morceau diffusé par Deezer est légal ?

Catherine Kerr-Vignale : Je ne savais pas que l'article L 122-5 2° du CPI était si bien connu du grand public ! Réponse à leto_2 : pour autant que la copie soit faite dans le respect des dispositions prévue dans la loi et que la rémunération pour copie privée ait bien été perçue.


manu57 : Quel montant la Sacem a-t-elle touché grâce à la taxe sur les médias (CD vierges, DVD vierges, disques durs, clés USB...) ? Comment cet argent est-il redistribué ?

Catherine Kerr-Vignale : Il ne s'agit pas d'une taxe qui irait dans les caisses de l'Etat, mais d'une rémunération versée aux auteurs, producteurs et artistes interprètes en raison de l'utilisation de leurs oeuvres ou prestations. Les taux figurent sur notre portail d'information, c'est par exemple 1 euro pour un DVD vierge à partager entre tous les ayants-droit. Les clés de répartition sont prévues par la loi : 1/3 pour les auteurs, 1/3 pour les artistes interprètes, 1/3 pour les producteurs pour un DVD vierge. Ensuite, chaque collège (artistes, producteurs, auteurs) répartit en fonction des résultats de sondages obtenus auprès d'instituts spécialisés.


Olivier : Créateur de musique, je paye une taxe sur chacun des CD que je grave avec mes propres créations dessus. Cette taxe revient à des artistes comme Céline Dion et autres comparses. Je ne comprends pas pourquoi mon oeuvre serait taxée pour ces artistes que je n'écoute nullement. De ce fait, n'est-ce pas mon droit de "récupérer" cette taxe injustement perçue en piratant l'oeuvre de mes pairs ? PS : ma musique est quant à elle libre d'accès et copiable librement.

Catherine Kerr-Vignale : Cette rémunération (qui n'est pas une taxe) ne revient aux artistes interprètes, aux auteurs et aux producteurs qu'en fonction de la réalité des usages. Une artiste comme Céline Dion est certainement proportionnellement moins copiée que d'autres puisque très largement diffusée. Si vous avez choisi à titre personnel de ne pas chercher à vous préoccuper de la protection de vos oeuvres, c'est votre choix, mais pas notre recommandation. Cela ne vous autorise en rien, me semble-t-il, à "pirater" les oeuvres des auteurs ou des artistes interprètes qui n'ont pas fait le même choix que vous. "La liberté de l'un s'arrête où commence celle de l'autre"...


Source: http://www.lesechos.fr/info/chats/300208935.htm